Le Carnaval Kaleta de Ouidah

Pour la sauvegarde d’un vestige en voie de disparition.

Chaque édition du festival carnaval Kaléta vivent avec des plateaux diversifiés de la culture béninoise, avec une présence remarquable de grandes personnalités du monde artistique et culturel du Bénin. C’est une occasion de travailler pour que la culture ne meurt jamais. Plusieurs activités entrant dans le cadre des objectifs de ce festival meublent durant quatre jours de manifestations se déroulant en décembre à Ouidah.

Commentaire sur la septième édition, en décembre 2010

Plusieurs tableaux riches de plusieurs localités du Bénin ont meublé la cérémonie officielle de lancement du festival qui a eu lieu sur la place publique du fort français dans la cité historique et touristique de Ouidah. Ceci justifie l’interprétation que fait le délégué général du festival depuis 2004, Wilfrid Houndjè. Pour lui, ce festival reste « un produit culturel pour relever le niveau des Kaléta qui tombent au détriment des loisirs modernes », que sont les vidéo clubs, la télévision et autres, pour ne pas les nommer. En effet, le kaleta est une danse de masque héritée de nos frères qui sont revenus du Brésil après la triste période d’esclavage. C’est une danse qui a fait trémousser un certain nombre de générations jusqu’à un passé récent avant de commencer par tomber dans l’abandon de nos jours, avec un grand risque de disparition. Le festival est d’ailleurs resté dans la logique de l’organisation de cette danse qui se déroulait Kaleta / Photo 2dans la période de décembre car ce fut surtout les fêtes de fin d’année qui voient défiler ces masques dans tous les coins et rues de nos villes et campagnes. Et c’est nostalgique de cette période que la marraine de cette édition, Maître Marie Elise Gbèdo a apporté son appui à ce festival et invité d’autres bonnes volontés à accompagner cette ambition noble du jeune Wilfried Houndjè. Selon Marie Elise Gbèdo, c’est un festival qui est à encourager et soutenir parce qu’il nous permet de revisiter le patrimoine culturel du pays et participe au développement de la ville de Ouidah. « Qui n’est pas nostalgique de la frénésie qui s’empare des jeunes à la veille des fêtes. C’est un témoignage de la diversité culturel de Ouidah, un patrimoine hérité des frères afro-brésilien, atterris à Ouidah », dira –t-elle en entonnant une chanson assez populaire de cette danse reprise en cœur par l’assistance composée de curieux, de nostalgiques de cette danse mais Kaleta / Photo 3aussi de touristes très enthousiastes. « C’est merveilleux ce que je vois là », a dit Laurence, touriste française présente à Ouidah avec une voix émotionnelle qui démontre toute sa joie. « Je crois que je vais reporter mon départ pour le nord pour mieux vivre cet événement inédit sur laquelle j’ai eu la chance de tomber », s’exclame Guy-Quentin, touriste français aussi venu visiter le musée d’histoire et faire la route de l’esclave.

La présence effective de l’Ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin, James Knight et du ministre de la culture Galiou Soglo ont rehaussé le niveau de la cérémonie de lancement et surtout du festival en lui-même. Ce dernier dira d’ailleurs que le Festival Carnaval Kaléta est un rendez-vous qui a réussi à fidéliser le public culturel béninois car il présente des tableaux riches et variés qui mettent au goût du jour un grand vestige culturel, expression de la pluralité culturelle.
Des tableaux culturels riches en couleursKaleta / Photo 4

Concours Kaléta inter commune, atelier de fabrication artisanale des masques kaléta, danses et ballets traditionnels, projection de film grand écran, prestations d’artistes invités, Visites touristiques dans Ouidah sont les activités prévues pour les quatre jours de festival dans la ville de Ouidah. Un avant goût a été d’ailleurs donné à la cérémonie de lancement par plusieurs groupes artistiques et culturels tels que les Supers Rêveaux, les Supers génies, la compagnie de Kaléta de Toffo, lauréat de l’édition 2008. La beauté des différentes prestations de ces groupes a montré la richesse de la culture béninoise.